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Les espèces invasives : une menace pour la biodiversité
- Une première approche des questions posées par les espèces invasives

L’UICN désigne comme invasive « une espèce qui, s’étant établie dans un nouveau domaine géographique (écosystème ou habitat naturel ou semi-naturel), y est un agent de perturbation et nuit à la diversité biologique ». Ces espèces qui se multiplient abondamment, en augmentant leur répartition géographique et/ou leurs effectifs sur un site, sont dénommées aussi envahissantes.

Les espèces envahissantes ont généralement un fort potentiel reproducteur, soit par reproduction sexuée, soit, pour les plantes, par multiplication végétative (bouturage...). Sous réserve qu’elles trouvent un milieu favorable, elles peuvent donc rapidement le coloniser, d’autant plus facilement que leurs prédateurs ou maladies habituels en sont absents et que leurs populations ne sont donc pas soumises à régulation naturelle.

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Ecrevisse de Louisiane

Le phénomène de l’introduction d’espèces est très ancien en Europe (dès l’Antiquité). Mais celui-ci a pris ces dernières années des proportions énormes, du fait notamment du développement des transports, du commerce, des voyages et du tourisme... Les plantes et animaux, aidés -volontairement ou non - par l’homme pouvant ainsi franchir les obstacles bio-géographiques qui leur barrent normalement le passage. C’est particulièrement vrai pour les biotopes insulaires qui, isolés pendant des millions d’années, se retrouvent brusquement ouverts à toutes les invasions auxquelles ils sont donc particulièrement sensibles.

Les espèces envahissantes sont aujourd’hui considérées comme la deuxième cause de perte de biodiversité dans le monde (après la destruction des habitats). Ces espèces appartenant à des taxons variés (flore, invertébrés, amphibiens, poissons, reptiles, oiseaux, mammifères...), pratiquement tous les milieux sont touchés. Leurs impacts sont multiples : compétition avec les espèces autochtones, prédation, dégradation des habitats, voire des installations humaines, problèmes de santé publique (transmission de maladies, allergies...)... Ces perturbations sont également d’ordre économique. Ainsi, l’impact annuel des invasions biologiques sur l’économie des Etats-Unis était estimé à plus de 100 milliards de dollars US en 2000.

En France aucune région n’est épargnée. Citons parmi les plantes introduites sur notre territoire et s’étant développées au point de supplanter par endroit la flore locale : les jussies, les renouées, la myriophylle du Brésil, l’élodée du Canada, la caulerpe, la balsamine de l’Himalaya, l’érable negundo, le sénéçon du Cap, l’ambroisie à feuilles d’armoise, la berce du Caucase, l’ailante... Du côté des animaux, la diversité est tout aussi grande : perche soleil, poisson-chat, silure glane, grenouilles taureau et rieuse, xénope, écrevisses américaines, capricorne asiatique, tortue de Floride, tortue apeuse, ibis sacré, érismature rousse, ragondin, rat musqué, vison d’Amérique...

La SNPN, qui s’attache à la protection de la biodiversité, est d’autant plus sensible au problème des espèces invasives qu’elle y est directement confrontée. En effet, sur les deux réserves dont elle assure la gestion pour le compte de l’Etat (Réserve nationale de Camargue et réserve naturelle du lac de Grand Lieu), prolifèrent différentes espèces végétales et animales (jussie, myriophylle brésilienne, baccharis, perche soleil, ragondin, érismature rousse, ibis sacré...) contre lesquelles elle met en œuvre différents moyens de lutte.

Au-delà de ces actions directes sur le terrain, et afin de contribuer à sensibiliser le public à cette lourde menace sur la biodiversité, la SNPN publie régulièrement des informations sur ce sujet dans Le Courrier de la Nature.

En 2006-2007, elle a également initié un cycle d’animations sur ce thème.