
- Canard casqué (Sarkidionis melanotos) capturé en vue de l’équiper d’une balise.
- Photo : Pierre Poilecot.
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Editorial
Grenelle J – 2
Les 100 mesures pour l’environnement, le retour ?
Donnant aujourd’hui le bon à tirer de ce numéro du Courrier de la Nature, il m’est impossible de parler des résultats du Grenelle de l’environnement qui se tiendra dans deux jours. Et celui-ci a tant occupé les médias, que l’on ne sait plus vraiment de quoi il sera fait. « Ce n’est pas de l’écologie, c’est de la communication », comme le disait Alain Duhamel sur RTL. Une radio qui consacre ses émissions du 22 octobre à l’environnement, comme elle l’avait fait déjà courant 1970, sous l’impulsion de Jean Carlier, alors directeur de l’information.
Cette année-là, le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas avait fait de l’environnement une de ses priorités. Ce n’était pas encore le « Grenelle » - on sortait à peine du vrai - et les choses se passaient différemment. Dans une démarche mieux construite et plus administrative, le Premier ministre avait confi é à Louis Armand la mission de définir 100 mesures à mettre en oeuvre pour améliorer notre environnement.
Le Courrier de la Nature n° 16 du 4ème trimestre 1970 commentait
ainsi l’adoption de ce programme de 100 mesures par le conseil des ministres du 10 juin 1970 : « Il nous est impossible dans le cadre de cette revue d’en publier le texte intégral. Beaucoup de décisions projetées ne font d’ailleurs que reprendre des projets à l’étude depuis longtemps dans les départements ministériels intéressés et dont certains même étaient déjà en cours d’exécution. Le résultat dépendra en défi nitive des moyens budgétaires qui seront mis en oeuvre, sinon, il ne s’agira que de vaine propagande pour calmer les esprits. » Sans même rien savoir de ce que donnera le Grenelle, nul besoin d’être prophète pour dire que ce commentaire pourra également être fait à son propos.
Et le rédacteur de 1970 terminait ainsi son analyse : « Dans l’ensemble nous ne devons sous-estimer ni l’importance des décisions prises, ni les diffi cultés auxquelles se heurtera l’application de certaines d’entre elles. Mais un grand pas en avant a été fait. Notre pays s’engage sur la bonne voie. » Pourrons-nous dire de même du Grenelle 2007, en particulier en matière de conservation du milieu naturel qui constituait une des priorités du gouvernement Chaban-Delmas ?*.
Alors, Grenelle 2007, un nouveau grand pas en avant ?
Espérons dans un prochain numéro pouvoir dire au Président de la République, initiateur de cette démarche : « Vous marchez d’un tel pas
qu’on a peine à vous suivre**. »
M. Gallois
* Dans la Directive générale de mise en oeuvre d’un programme d’action pour l’environnement adressée aux préfets, le Premier ministre disait : « Votre action s’exercera en priorité dans toutes les zones sensibles où des mutations rapides ont produit ou risquent de produire un déséquilibre profond quant à l’utilisation de l’espace. Certaines zones ont déjà retenu l’attention des pouvoirs publics à cet égard : parcs nationaux, parcs naturels régionaux, zones protégées, périmètres sensibles, sites classés. Sans conférer à ces zones une exclusivité de traitement, vous veillerez cependant à y localiser une part notable de votre action. »
** Molière, Tartuffe.