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Le Courrier de la Nature n°254
- Mai-Juin 2010

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Sommaire

Editorial
Dernière heure
Echos-Actualité :

- L’emprise de la chasse sur la protection de la nature
- Le Paquet Erika III
- Inquiétudes sur le devenir de l’estuaire de la Seine
- Arrachage d’Iris graminea en Haute-Garonne
- 275 espèces de fleurs menacées à La Réunion
- Les gaz de schistes sont-ils une nouvelle menace pour l’environnement
- Le tétras lyre, espèce en déclin en France
- Un projet de parc national en zones humides
- Escargots invasifs en Guadeloupe
- Agoa, un sanctuaire pour les mammifères marins aux Antilles
- Plan national d’action en faveur des chiroptères
- Le poisson-lion menace la Guadeloupe
- Les tigres de Sumatra peut-être plus nombreux qu’attendus
- Recensements décennaux d’oiseaux marins en France


Vie de la SNPN

- Otello Badan


- La bernache du Canada : histoire d’une population férale en expansion sur un étang francilien et réflexion sur son statut national démographique et juridique par A.Morand, J.Lopez, O.Sizel et X.Gruwier

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- Impact de la pollution sonore sur la faune par Jean-Marc Thirion, Florian Doré et Jean Sériot

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- L’homme et la nature : deuxième épisode par Luc Strenna

ou comment l’homme occidental a pensé ses rapports à la nature...


La nature sous l’oeil de ... la SPHN


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Editorial

Verte campagne... et campagne verte

Difficile d’échapper à la campagne percutante de FNE* dénonçant les pesticides, les OGM et les algues vertes. Cette campagne d’affichage dans le métro parisien, bien que limitée à trois stations, a suscité de violentes protestations des tenants de l’agriculture productiviste, lui donnant ainsi un retentissement national.
L’Interprofession nationale porcine et l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes ont engagé auprès du tribunal de grande instance de Paris deux procédures en référé en vue d’interdire la diffusion de deux des six affiches de FNE. Sans succès. Malgré cela, la régie publicitaire de la RATP a décidé de choisir elle-même les affiches qui devaient ou non être présentées au public**.
Au niveau politique, le ministre de l’Agriculture, dans des propos tenus à l’Assemblée nationale, a concentré le mécontentement collectif en un peu convaincant : « scandale et provocation », tandis que la ministre de l’Ecologie défendait dans la presse le droit d’expression des ONG environnementales. De son côté, le Conseil régional de Bretagne, accompagné par les professionnels du tourisme breton, assignait FNE en référé pour diffamation. Le président de la République en visite au salon de l’agriculture vient d’arbitrer et estime la campagne de FNE « parfaitement déplacée ».
Pourquoi ces réactions violentes ?
La campagne de FNE s’adressait aux visiteurs réels ou potentiels de ce salon, manifestation très prisée des Français. Parcourir le salon, c’est visi-ter une gigantesque ferme où l’on peut connaître et apprécier nos terroirs et leur produits. C’est en ressortir avec dans la tête une image magnifiée de l’agriculture, bien loin de la réalité des choses, et oublier ainsi que la France est le premier consommateur de pesticides d’Europe et le quatrième au monde. Ce que l’on reproche à la campagne de FNE, c’est de présenter une autre image de l’agriculture qui trouble le message médiatiquement et politiquement correct. De même, lorsque la Région Bretagne se sent visée, c’est parce qu’elle craint avant tout une dégradation de son image.
Beaucoup de sociétés, de collectivités, de lobbies… sont aujourd’hui sou-cieux de leur image en matière de développement durable. Il leur reste à comprendre que le but n’est pas d’avoir le look « Grenelle », mais d’atteindre une réalité n’ayant pas besoin d’être travestie.

Marc Gallois

*Du 15 au 21 février, France nature environnement (Fédération française des sociétés de protection de la nature) menait campagne sur trois dangers majeurs : les OGM, les pesticides et la prolifération des algues vertes.
FNE, 81-83, bd de Port-Royal, 75013 Paris. Tél. 01.44.08.02.50. Fax. 01.44.08.05.48.www.fne.asso.fr
**Le tribunal a rejeté la demande d’interdiction des affiches « algues vertes » et « viande issue d’animaux nourris aux OGM non étiquetée », car la mesure constituait une restriction disproportionnée à la liberté d’expression.
D’après Le Parisien, la régie publicitaire de la RATP a jugé que les affiches sur les algues vertes véhiculent un message « trop agressif et visent directement les éleveurs. Ces visuels très dénigrants sont contraires au principe de neutralité du service public ».

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