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La valeur écologique des mares
La contribution des mares à la biodiversité du territoire peut être qualifiée de remarquable. En milieu forestier, et plus encore au sein des territoires voués à l’agriculture intensive, les mares renferment sur un pourcentage insignifiant de l’espace, une grande proportion d’espèces végétales ou animales protégées. Ces espèces ne sont d’ailleurs pas liées à la partie aquatique elle-même, mais également associées aux biotopes environnants, formant ainsi de véritables îlots, ou foyers (hotspots) de biodiversité.
Une étude récente menée en Grande-Bretagne a montré que les mares et les étangs, comparés à d’autres habitats aquatiques (lacs, rivières, fossés, ruisseaux, etc.), contribuaient le plus à la biodiversité régionale pour les macro-invertébrés et les plantes. D’ailleurs, la Directive Habitat reconnait le rôle de ces micro-zones dans la connectivité entre les habitats d’eau douce en tant que « relais » ou « stepping stone » qui favorisent la dispersion et la migration des espèces.

La valeur écologique des mares isolées est aussi importante que les réseaux des mares. Ainsi, les mares isolées servent de refuge pour de nombreuses espèces, et particulièrement en contexte urbain ou d’agriculture intensive. Cet isolement peut également favoriser la protection des communautés aquatiques contre les maladies ou la propagation des espèces invasives.
De par leurs diversités et leurs spécificités, les mares abritent tout une faune et une flore particulièrement riches. Elles offrent donc refuge, lieu de reproduction, d’alimentation et bien entendu un lieu de vie à de nombreuses espèces (par exemple pour les batraciens dont certains sont très menacés et dont la plupart sont protégés à l’échelle nationale). Ces micro-zones humides abritent d’ailleurs près de 15 % des espèces protégées.

L’existence des réseaux de mares est cruciale pour le maintien des métapopulations de certaines espèces. Ces réseaux sont également nécessaires à de nombreux mammifères et oiseaux en tant qu’élément particulier de l’ensemble des habitats que ces espèces ont l’habitude d’utiliser. Ils participent donc au maintien des continuités écologiques indispensables à la faune et à la flore.