Réserve nationale de Camargue
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Roselières boisées

Les roselières boisées sont composées d’une succession d’habitats hélophytiques et arborescents variés. La baisse des niveaux d’eau au printemps provoque le cloisonnement hydraulique d’une multitude de points d’eau au cœur des roselières boisées. Cette compartimentation permet notamment l’acidification progressive au cours du printemps des eaux des roselières tourbeuses de l’ouest du lac, favorisant ainsi les espèces végétales turficoles et acidiphiles. Le même phénomène affranchit partiellement cette partie du lac de l’eutrophisation des eaux de la partie centrale. Si les roselières situées en bordure de la zone d’eau libre sont directement affectées par les apports en sédiments de la partie centrale, favorisant notamment les cortèges pauvres à hautes herbes (Glyceria maxima, Phalaris arundinaceus...), on peut estimer que la dynamique végétale et la fonctionnalité des habitats composant les roselières boisées restent relativement naturelles.
L’évolution globale de la superficie des roselières boisées montre un recul accéléré depuis une quinzaine d’années, puisque les mesures par photo-interprétation de photographies aériennes ont révélé une avancée de l’eau libre de près de 159 hectares entre 1993 et 2007 (Boret & Reeber, 2007).
Cela représente un peu moins de 10% de la superficie occupée par ce groupe d’habitats à Grand-Lieu. Les premières à en pâtir sont les roselières à touradons de pleine eau, comme à la Pointe des Bonshommes, la Pointe de la Grève ou le Plumail.

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Roselière regressante. Photo S. Reeber/SNPN
Exemple d’un front de recul de la roselière, avec un approfondissement en vis-à-vis (le Plumail).

Les roselières boisées ont été bien peu étudiées jusqu’ici, de même que l’évolution des différents cortèges floristiques qui la composent (voir aussi Roselières boisées dans la rubrique Flore). L’examen de photographies aériennes de l’IGN, dont certaines sont anciennes (1950), permet de noter une forte expansion des saules buissonnants, que l’on peut au moins en partie attribuer à l’arrêt ancien de la coupe du bois dans les roselières et aux niveaux d’eau régulièrement bas des années 1965-1975. Durant la même période, l’aulnaie et les espèces associées (notamment Osmunda regalis, Thelypteris palustris...) ont montré une certaine stabilité. L’impact de l’eutrophisation sur les cortèges acidiphiles n’a pas été étudié plus avant. Il reste également à mesurer l’impact de la maladie de l’aulne (Phytophtora) à plus long terme.
L’étendue couverte par les roselières à cariçaies (Caricetum elatae (53.215), et plus localement Caricetum paniculatae (53.216) et Cicuto-Caricetum pseudo-cyperi (53.218))

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Saulaie en régression. Photo S.Reeber
Le recul des roselières boisées, ici d’une saulaie en bordure d’eau libre, sur l’Île de la Capitaine.

ou les formations mixtes à Myrica gale (44.93 ou 44.93 X 44.92) ne paraît pas avoir varié depuis quelques décennies, mais là encore, nous manquons d’éléments pour être affirmatifs.
L’habitat ayant le plus fortement régressé se compose des différentes phragmitaies : roselières à touradons de bordure d’eaux libres (voir ci-avant) et phragmitaies inondées (53.111). Ces dernières ont non seulement été colonisées anciennement par les saules buissonnants, mais ont montré depuis quelques années un retard anormal dans leur chronologie de croissance, ainsi qu’une densité fortement amoindrie. Un premier diagnostic est en cours d’élaboration, à partir d’éléments confiés au « Réseau du rozo » de Réserves Naturelles de France. Des mesures régulières seront effectuées à partir de 2009 dans quelques roselières du lac, selon le protocole proposé par cet organisme.

En ce qui concerne les roselières-levis, flottantes, elles sont désormais les seules sur la RNN à accueillir les populations nicheuses de passereaux paludicoles telles que la Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), la Locustelle luscinioïde (Locustella luscinioides) ou la Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica). Les espèces les plus fortement inféodées aux phragmitaies denses, à savoir le Butor étoilé (Botaurus stellaris) et la Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus), n’ont pas niché à Grand-Lieu en 2007 (et en 2008 pour le butor). Il peut s’agir là de l’impact d’une crue modérée subie en mai de cette année-là (ces deux espèces n’avaient plus niché à Grand-Lieu en 2000 et 2001, avec des niveaux d’eau élevés également).


Pour découvrir les différents milieux qui composent Grand Lieu vous pouvez cliquer dans les liens suivants :

- Eau libre
- Roselière boisée
- Végétation palustre
- Prairies humides

 

 

 

 

 

 

 

 

Portfolio : clic image
Alternance de saulaies et de phragmitaies typique des roselières boisées du Lac de Grand-Lieu
Photo - S. Reeber SNPN
Un secteur de roselière boisée vue d’un grand Saule blanc, le Plumail, avec le lac en arrière-plan
Photo - S. Reeber SNPN
Les fuligules utilisent les roselières uniquement pour y construire leurs nids et pondre (Fuligule milouin à l’avant et Fuligule morillon à l’arrière)
Photo - S. Reeber SNPN
Vu de dessous, la saulaie évoque parfois les mangroves tropicales. L’inondation au mois de mai est de l’ordre de 40 cm
Photo - S. Reeber SNPN

Les saulaies de Grand-Lieu sont occupées par de nombreuses colonies de grands échassiers.

Ici des Hérons garde-bœufs, Aigrettes garzettes et autres
Photo - S. Reeber SNPN

La Sarcelle d’hiver est le canard hivernant le plus lié aux roselières boisées.

On en trouve jusqu’à 6000 sur le Lac de Grand-Lieu au cœur de l’hiver
Photo - S. Reeber SNPN

Roselière regressante. Photo S. Reeber/SNPN
Exemple d’un front de recul de la roselière, avec un approfondissement en vis-à-vis (le Plumail).
Saulaie en régression. Photo S.Reeber
Le recul des roselières boisées, ici d’une saulaie en bordure d’eau libre, sur l’Île de la Capitaine.