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Le Courrier de la Nature n°266
- Janvier - Février 2012

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Enfant Imraguen du village d’Iwick (Mauritanie)/Photo Jacques Fretey
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Sommaire

Editorial
Echos-Actualité :

- Un arrêt du Conseil d’Etat contourné par le Gouvernement pour séduire les chasseurs
- Cartographie nationale des enjeux territorialisés de biodiversité remarquable
- L’histoire de la banane
- Enquête nationale sur les hirondelles
- Un système pour limiter les collisions entre cétacés et navires
- Une hêtraie espagnole menacée par une mine à ciel ouvert
- Le Canada dénonce le protocole de Kyoto
- Solidarité internationale pour un accès de tous à l’eau potable
- Transfert de gibbons en Inde
- Déchets dangereux : la justice donne raison à l’environnement
- Programme pédagogique sur les éléphants au Burkina Faso


Vie de la SNPN.
Les hurlements d’un loup se sont tus : Gilbert Simon (1947 - 2012)


- La loutre d’Europe dans le Massif central par Charles Lemarchand, Yves Boulade, René Rosoux, Philippe Berny, Noël Gouilloux et Christian Bouchardy

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- Le massacre des tortues marines en Mauritanie. Un point noir en Afrique occidentale par Jacques Fretey & Lematt Mint Hama

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Les mares. Les libellules : anisoptères et zygoptères.


La nature dans les écrits de... Victor Hugo


La nature sous le pinceau de... Calixte


Agenda
Les rendez-vous nature de la SNPN
Bibliographie
Lexique


Editorial


Où est Ramsar ?
En Iran. Et la convention éponyme « relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau » y fut signée le 2 février 1971. La liste des zones en question tenue par l’UICN en comporte à ce jour 1822, soit près de deux millions de kilomètres carrés.
On compte 160 parties dont la France, cette dernière présentant certaines spécificités. Déjà, du fait d’obscures considérations diplomatico-juridiques, nous n’avons adhéré qu’en 1982, alors que nous avons joué pour son élaboration un rôle essentiel. Il faut relater ici l’action de la SNPN à travers le projet MAR pour la conservation des zones humides. Et il n’est pas surprenant que la conférence préparatoire de la convention se soit justement tenue en 1962 en Camargue.
La Convention de Ramsar nous donne par ailleurs l’exemple d’un instrument juridique qui a évolué positivement. A l’origine, elle constitue l’exemple-type du « soft law », un droit mou dont la seule obligation est l’inscription d’au moins un site dans la liste officielle. Chaque zone doit être dotée d’un plan d’aménagement « de façon à favoriser la conservation des zones humides inscrites sur la liste et, autant que possible, leur utilisation rationnelle » [art. 3]. Dans les faits, la protection s’est progressivement renforcée, cependant que la jurisprudence, au plan interne, faisait produire certains effets de droit au « label Ramsar ». Et un mécanisme d’aide a été mis en place par le Secrétariat pour les Etats inscrits au Registre de Montreux, en difficulté face à leurs obligations de protection.
L’attitude même de la France a changé. Pendant des années, nous nous sommes contentés d’une seule zone, la Camargue, qui était déjà fortement protégée par la réserve nationale. Aujourd’hui, les sites inscrits dans la liste s’élèvent à 36, en métropole comme en outre-mer.
Quant à la SNPN, elle n’a pas failli à sa mission. Ainsi accompagne-t-elle la vitalité de la convention en participant notamment à l’Association Ramsar France. Le troisième séminaire qui nous a réunis à l’automne 2011 au mas de Peint fut l’occasion d’un hommage émouvant à Luc Hoffmann, père de la protection des zones humides, figure tutélaire de notre société.
Il importe cependant de ne pas voir dans ce retour aux sources l’image d’une institution qui, faute d’avenir, se complairait dans la contemplation du passé. C’est bien du contraire qu’il s’agit et il suffit pour s’en convaincre de parcourir le delta, havre d’une nature immense et préservée entre l’industrie portuaire et l’urbanisation dévorante ; patrimoine commun de l’humanité dont nous sommes fiers d’être les gestionnaires.
Jean Untermaier
Président de la SNPN
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Enfant Imraguen du village d’Iwick (Mauritanie)/Photo Jacques Fretey
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