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Les menaces

Le lac de Grand-Lieu a subi depuis plus de deux siècles de lourdes interventions anthropiques qui ont considérablement modifié son fonctionnement hydraulique.

De plus, la qualité des eaux parvenant jusqu’au lac constitue un grand problème pour la conservation du paysage lacustre et de sa diversité écologique.

L’augmentation spectaculaire de la quantité de nutriments (azote et phosphore) a provoqué l’hyper-eutrophisation du lac. D’autre part, l’introduction d’espèces de faune et de flore exogènes, est une source importante de perte de biodiversité actuellement sur Grand-Lieu.

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Ecrévisses de Louisiane. Photo S.Reeber

La présence de l’écrevisse de Louisiane, espèce invasive originaire d’Amérique du Nord, représente un véritable danger pour les écosystèmes du lac. Apparue à la fin des années 90 ses effectifs ont explosé en 2006-2007 et restent désormais à des niveaux très élevés.
Cette espèce omnivore consomme, entre autres, les macrophytes flottants et immergés constituant l’herbier de la zone centrale du lac. Une flagrante diminution de celui-ci risque, à moyen terme, de compromettre l’accueil de 1000 à 1400 couples - ce qui représente jusqu’au 40 % de la population française - de guifette moustac qui y nichent. De comportement fouisseur l’écrevisse creuse de nombreux terriers et galeries, qui vont provoquer l’effondrement et le recul des berges du lac. La capture et la destruction de cette espèce apparaît donc comme un impératif pour préserver les équilibres écologiques des milieux naturels.
Depuis quelques années une réflexion est engagée dans ce sens en étroite collaboration entre les sept pécheurs professionnels exerçant sur le lac, le Syndicat de bassin versant de Grand-Lieu, la SNPN et la Fédération départementale des chasseurs de Loire-Atlantique. L’idée est d’optimiser la pêche de l’écrevisse en augmentant les prélèvements jusqu’aux plusieurs dizaines de tonnes par saison avec comme objectif la maîtrise de sa prolifération. Une des solutions réside dans la mise en place d’un contrat Natura 2000 qui offre un cadre à la réalisation de telles actions et en particulier la rémunération du temps passé par les pêcheurs à la capture et la destruction de l’écrevisse de Louisiane. Ainsi, ce contrat prévoit une enveloppe d’aide de 150.000 euros repartis sur 5 ans, soit 5000 euros par an et par pêcheur.
Parallèlement, le Comité de suivi (dont la SNPN fait partie) assure la bonne mise en œuvre du contrat : la définition des zones et des périodes de pêche, la validation des outils de pêche et du matériel de destruction des écrevisses etc., en adaptant le cahier de charges, si besoin.
Dès la signature du contrat en avril dernier, les pêcheurs sont passé à l’action. Après deux semaines de pêche, ils ont détruit plus de trois tonnes d’écrevisses !
En complément du contrat Natura 2000, la SNPN a initié un suivi spécifique sur l’impact de l’effort de la pêche sur les densités et la structure des populations d’écrevisses.

Extrait du « Forum », la Lettre des marais atlantiques, n°23 septembre 2011, lien

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hyper-eutrophisation
L’hyper-eutrophisation, qui se caractérise ici par la couleur verte de l’eau, est due à une surabondance de nutriments-azote et phosphore- en provenance de l’agriculture et de l’urbanisation
Photo - P. Boret SNPN
hyper-eutrophisation
L’hyper-eutrophisation, qui se caractérise ici par la couleur verte de l’eau, est due à une surabondance de nutriments, azote et phosphore, en provenance de l’agriculture et de l’urbanisation
Photo - P. Boret SNPN
Ibis sacré
L’Ibis sacré s’est établi dans l’ouest de la France à partir d’un parc zoologique, et constitue désormais une menace avérée pour d’autres espèces comme les guifettes ou les limicoles par prédation de leurs nids. Environ 5000 oiseaux vivent maintenant en nature dans nos régions et la population continue à évoluer. Un bon exemple du risque lié aux espèces introduites...
Photo - S. Reeber SNPN
Jussies
Les jussies, originaires d’Amérique du Sud et importées en Europe pour l’aquariophilie, colonisent rapidement les rives du lac et constituent un problème écologique majeur
Photo - P. Boret SNPN
Ragondin
Le ragondin a été introduit en Europe de l’Ouest pour sa fourrure. Il a largement contribué à modifier la configuration du lac, par prédation des scirpes lacustres et des typhas
Photo - S. Reeber SNPN
Botulisme
Des épidémies de botulisme sévissent à Grand-Lieu depuis quelques années. La plus grande crise observée sur le lac a eu lieu en 1995. La mortalité des seuls oiseaux d’eau avait alors été estimée entre 30000 et 50000 individus. La surveillance et le ramassage des cadavres chaque année à la saison sèche, lorsque les niveaux sont au plus bas, constituent le seul moyen de diminuer l’intensité des crises.
Photo - SNPN
Ecrévisses de Louisiane. Photo S.Reeber