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Le Courrier de la Nature n°273
- Janvier - Février 2013

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Agroforêts à damar le long de la rivière Laay (Sumatra). Photo H.de Foresta-IRD
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Sommaire

Editorial
Vous nous avez écrit...
Echos-Actualité :

- La 32ème réunion du comité permanent de la Convention de Berne
- Un refuge pour les chauves-souris et les amphibiens
- Poursuite de l’opération Harpie en Guyane
- 126 nouvelles espèces découvertes dans la région du Mékong
- Les 3èmes rencontres du réseau des acteurs pour la biodiversité du fleuve Rhône
- Un plan d’action pour préserver les oiseaux marins de la pêche
- Suivi d’une rivière qui a disparu momentanément
- Le point sur les vertébrés exotiques envahissants du bassin de la Loire


Vie de la SNPN


- L’œdicnème criard... crie gare à la perte de biodiversité dans nos plaines agricoles ! par Solène Soulas (NaturEssone)

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- Les agroforêts. Un espace complémentaire pour préserver la biodiversité des forêts tropicales par Hubert de Foresta (Institut de Recherche pour le Développement)

lire l’introduction...

- La Société d’acclimatation (1854-1939). Une origine du courant naturaliste de protection de la nature en France. 3ème partie par Rémi Luglia (Agrégé et docteur en histoire)


Tribune libre

Laissons le public s’impliquer d’avantage dans la gestion des espaces naturels protégés, par Dominique Julien La Bruyère


La nature dans l’œuvre de... Jacques Frier
Jacques Frier et art mycologique. Senteur de terre cuite versus fragrances d’humus !, par Yves Thonnérieux


Les rendez-vous nature de la SNPN
Agenda
Bibliographie
Lexique


Editorial


Agriculture et biodiversité
Deux termes antinomiques pour beaucoup d’entre vous… qui découvrirez cependant dans ce numéro deux articles prouvant le contraire : l’un sur les effets bénéfiques des mesures agrienvironnementales (MAE) pour sauvegarder l’oedicnème criard dans le sud de l’Essonne (cf. p. 21) et l’autre sur les agroforêts (cf. p. 28).
Ces deux exemples font partie des nombreuses initiatives visant à adopter des pratiques agricoles soucieuses de préserver la biodiversité : fauche tardive, fauche centrifuge et non centripète, bandes enherbées, jachères, gestion sylvo-pastorale, luttes raisonnées contre les ravageurs des cultures, reconstitution du maillage de haies dans les anciennes zones bocagères, préservation des prairies naturelles ou semi-naturelles, etc. Toutes profitent tant à l’espèce pour lesquelles elles sont mises en place (outarde canepetière, râle des genêts, busards…) qu’aux autres espèces de l’espace ainsi géré.
En Europe, elles sont favorisées par l’outil MAE qui a malheureusement ses limites. Il repose en effet sur le volontariat – alors que le nombre d’agriculteurs volontaires pour de telles actions reste très insuffisant – et la localisation des parcelles sous contrat dépend pour partie du bon vouloir des exploitants concernés, ce qui entraîne une dispersion des mesures sur des unités petites et nombreuses, alors que l’inverse serait préférable. Et quel sera l’avenir des MAE dans le cadre de la révision de la PAC (Politique agricole commune) ?
Finalement, le tableau demeure dans l’ensemble assez sombre. Fautil rappeler que l’agriculture exploite 53 % du territoire national (75 % dans certaines régions) et qu’elle est essentiellement intensive ? Or ce mode de culture passe par l’emploi non raisonné de pesticides et d’engrais. Il s’agit en général de monocultures sur de vastes surfaces, desquelles disparaissent les refuges pour la faune et la flore, et, par conséquent, certaines espèces de la flore messicole et d’oiseaux comme les cailles et les perdrix. L’agriculture intensive dépend aussi des « réaménagements fonciers » et se prête à l’utilisation des OGM qui ne sont clairement pas une alternative aux pesticides (Charles Benbrook, ancien membre de l’académie des sciences des Etats-Unis, affirme que, rien qu’en 2008, le recours aux pesticides sur les cultures OGM a augmenté de 26 % !), d’autant plus que certains insectes ont développé une résistance à des cultures transgéniques comme le maïs-Bt.
OGM, pesticides… : l’agriculture n’a pas seulement des effets négatifs sur la biodiversité mais aussi sur la santé publique ! Et son image a encore été ternie tout récemment par les errements de l’industrie agro-alimentaire et du commerce international, avec la décision de la Commission européenne d’autoriser de nouveau les farines animales pour nourrir les poissons d’élevage sous prétexte que le risque serait minime !

Michel Echaubard

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Portfolio : clic image
Agroforêts à damar le long de la rivière Laay (Sumatra). Photo H.de Foresta-IRD
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