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Le Courrier de la Nature n°275
- Mai - Juin 2013

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Éclosion d’un œuf de tortue caouanne. Photo Florence Pallot
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Sommaire

Editorial
Vous nous avez écrit...
Echos-Actualité :

- Bilan du congrès des Réserves naturelles de France
- Plans nationaux d’actions en faveur des plantes messicoles et des odonates
- Signature du deuxième contrat de rivière Vercors eau pure
- L’expédition Gombessa à la rencontre des coelacanthes
- Bientôt des cartes montrant la déforestation en temps réel
- Lancement de la plate-forme de mutualisation des recherches françaises sur les écosystèmes ANAEE - Services


Vie de la SNPN


- Les tortues Caretta caretta : un exemple de conservation de la faune marine en Méditerranée par Florence Pallot www.florencepallot.com

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- Les biominéralisations, témoins de l’évolution du vivant par Stéphanie Auzoux-Bordenave, Nadia Améziane, Aïcha Badou, Sophie Berland, Jean-Marie Caraguel, Isabelle Domart-Coulon, Pascal-Jean Lopez, Gilles Luquet, Sophie Martin, Marc de Rafélis, Loïc Segalen & Jean-Yves Sire (MNHN, Bureau d’étude Fich-Pass, Station biologique de Roscoff, Université Pierre et Marie Curie)

lire l’introduction...

- La Société d’acclimatation (1854-1939). Une origine du courant naturaliste de protection de la nature en France. 5ème partie par Rémi Luglia (Agrégé et docteur en histoire)


La nature dans les écrits de... José-Maria de Heredia
La nature sous le pinceau de... Laëti de Flo


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Lexique


Editorial


Nos réserves sont-elles menacées ?

Notre belle Réserve naturelle nationale de Camargue gérée depuis 1927 par la SNPN fut la première zone humide d’importance internationale classée site Ramsar en France, et pour cause, c’est l’un des plus grands centres migratoires d’Europe… Quelle fierté !
Mais surtout quelle beauté ! Une beauté saisissante et puissante : plus de 13 000 ha de zones humides à perte de vue comprenant sansouïres, étangs, dunes où s’épanouissent tranquillement une multitude d’animaux et de plantes. C’est un réel plaisir pour les amoureux de la nature voire un paradis pour les ornithologues ! Dans tous les cas, une telle atmosphère ne laissera quiconque indifférent, car la nature y est intacte, tout simplement brute et il en découle ce sentiment tellement réconfortant : être au bon endroit, placé (à juste titre ?) au même rang que ces innombrables limicoles qui cherchent à se nourrir, et avec l’impression, ou plutôt la volonté, de pouvoir partager ce festin avec eux. Il y a peu d’endroits en France comme celui-ci où nous pouvons, passionnés ou simples citoyens, ressentir une telle harmonie.
Près de 290 réserves naturelles en France tentent, de la même manière, d’offrir une place pour tous. Car, rappelons-le, le principal objectif, pour ne pas dire le seul, des espaces protégés et plus particulièrement de ceux bénéficiant d’une protection forte – type Réserve naturelle nationale (RNN) ou Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) – est bien d’offrir un havre de paix à la faune et à la flore.
Ce rappel semble malheureusement et incontestablement nécessaire si nous lisons avec attention le compte-rendu des récents conseils scientifique et de direction de notre réserve de Camargue (cf. p. 18). Les analyses menées sur l’étang du Vaccarès ont décelé diverses molécules interdites et une forte prolifération des cyanobactéries qui, évidemment, perturbent l’équilibre de l’étang. Plus dramatique et davantage révélateur de la situation « périlleuse » dans laquelle se trouvent les espaces protégés, c’est l’attaque en justice de la Fédération des chasseurs des Bouches-du-Rhône nous demandant de prendre en charge les dégâts aux cultures causés par les sangliers. Enfin, la restriction des budgets ministériels alloués à la gestion des RNN ajoute une préoccupation supplémentaire et nous pousse à nous interroger sur les conditions à venir avec lesquelles nous devrons nous accommoder pour assurer leur pérennité.
Terminons par l’un des rêves, inespéré tant il est illusoire, qui a été exprimé lors du 32e congrès des Réserves naturelles de France (cf. p. 8) « Mettre sans crainte la nature entre toutes les mains, s’occuper d’elle pour la rendre à elle-même et non pas la réduire à l’homme, qu’il n’y ait plus besoin d’espaces protégés puisqu’elle serait partout préservée. »

Elodie Seguin

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Éclosion d’un œuf de tortue caouanne. Photo Florence Pallot
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