Réserve nationale de Camargue
Réserve naturelle du lac de Grand Lieu
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Végétation palustre

Pendant la période estivale, une grande partie de la zone en eau est colonisée par les herbiers à macrophytes flottants. La totalité de cette surface atteignait 2100 ha en 2004, dont 800 ha pour « le Large » (ou eaux libres) et environ 150 ha pour les rades et plans d’eau au sein des roselières boisées. Les 1650 ha restants sont disposés en un vaste croissant embrassant le Large à l’Ouest. Cette surface est constituée d’une alternance de vastes stations de nénuphars et de petites zones d’eau libre. On y trouve également une ceinture d’eau séparant les herbiers flottants des roselières boisées, qui peut exonder en fin d’été, formant par endroit des vasières à sédiments meubles.
L’étendue de ces vasières varie en fonction des niveaux d’eau d’étiage du lac, et peut être très réduite certaines années. Cette frange étroite était autrefois colonisée par un cortège floristique particulier, composé notamment de Prêles des eaux (Equisetum fluviatile) et de Trèfles d’eau (Menyanthes trifoliata). Cette frange constituait également le rôle de « matrice » de la roselière située un peu plus haut. Celle-ci a complètement disparu, laissant place à des zones dénuées de végétation puis à une micro-falaise formée par la rive de la roselière.

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Nénuphar blanc. Photo S.Reeber / SNPN

Les différentes espèces de macrophytes flottants que l’on y trouve sont le Nénuphar blanc (Nymphaea alba) et le Nuphar jaune (Nuphar lutea), qui totalisent 650 ha, la Châtaigne d’eau (Trapa natans) avec 56 ha et le Limnanthème faux-nénuphar (Nymphoides peltata) avec 17 ha.

 

 

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Limnathèmes faux-nénuphars. Photo S.Reeber/SNPN

 

 

 

 

Plusieurs espèces de plantes immergées (Ceratophyllum, Myriophyllum, Poramogeton) sont encore bien représentées, même s’il manque encore de données précises sur les superficies qu’elles occupent. La profondeur moyenne de la zone des herbiers atteint 60 à 70 cm environ lors de l’étiage. Les herbiers flottants du lac de Grand-Lieu constituent à eux seuls une exception, puisqu’ils atteignent une superficie d’un seul tenant unique en Europe de l’ouest.

 

 

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Scirpaies lacustres (53.12)
Autrefois beaucoup plus répandues sur la partie centrale du lac (60 ha en 1980), les scirpaies lacustres subsistent aujourd’hui que sur quelques hauts fonds sableux de la côte orientale (3 ha environ). L’espèce est apparue en revanche localement sur les prés-marais.

 

Il s’agit sans aucun doute de l’un des habitats dont l’évolution a été la plus rapide au cours des quelques décennies passées. En effet, le Scirpe lacustre (Scirpus lacustris) et le Typha à feuilles étroites (Typha angustifolia) couvraient autrefois plusieurs dizaines d’hectares distribuées en de nombreuses stations circulaires là où s’épanouissent maintenant les nénuphars. Ces grands hélophytes privaient l’observateur de toute perspective, certains secteurs constituant même de vrais dédales.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Scirpes lacustres de pleine eau. Photo S.Reeber/SNPN

Le Typha a complètement disparu et le scirpe lacustre est dorénavant réduit à trois hectares environ, suite à la conjonction de différents phénomènes, tels que la prédation par le Ragondin (Myocastor coypus) et le Rat musqué (Ondatra zybethicus), l’eutrophisation pouvant générer l’anoxie au niveau des rhizomes, le relèvement des niveaux d’eau estivaux… Ces végétaux fixaient des quantités de sédiments par leurs systèmes racinaires et protégeaient les berges en empêchant la formation des vagues. Leur disparition a engendré une nette modification des fonds de Grand-Lieu ainsi qu’un agrandissement de la zone en eau par érosion des berges (de l’ordre de 140 ha entre 1993 et 2005).
Outre la disparition de ces grands hélophytes et d’une partie des herbiers immergés, la Châtaigne d’eau a perdu près de neuf dixièmes de sa superficie depuis trente ans, et le Limnanthème environ 80%. Ces espèces ont été largement substituées par les deux nénuphars, principalement le Nuphar jaune, qui était quasiment absent de la partie centrale du lac il y a encore vingt ans. En hiver, les herbiers flottants disparaissent, cette zone se fondant alors avec les eaux libres pour former un vaste plan d’eau de 2100 ha.

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Limnathèmes faux-nénuphars. Photo S.Reeber/SNPN
Nénuphar blanc. Photo S.Reeber / SNPN
Scirpes lacustres de pleine eau. Photo S.Reeber/SNPN
Scirpaies lacustres (53.12)
Autrefois beaucoup plus répandues sur la partie centrale du lac (60 ha en 1980), les scirpaies lacustres subsistent aujourd’hui que sur quelques hauts fonds sableux de la côte orientale (3 ha environ). L’espèce est apparue en revanche localement sur les prés-marais.