Réserve nationale de Camargue
Réserve naturelle du lac de Grand Lieu
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Roselières boisées
Tout autour de la partie centrale en eau formée par les eaux libres et les herbiers flottants se trouve une ceinture de roselières boisées. Celle-ci est beaucoup plus large sous la côte occidentale (jusqu’à deux kilomètres de large), et même parfois absente le long de la côte orientale. Elle s’étend sur environ 1650 ha, dont 1049 se trouvent dans la réserve naturelle nationale, avec une inondation permanente entre octobre ou novembre et la mi-juillet. L’appellation générique de « roselières boisées » regroupe en fait plusieurs types d’habitats, même si elle se compose le plus souvent de roseaux (Phragmites australis) et de différent saules (Salix atrocinerea et S. fragilis dominent), qui représentaient respectivement 539 et 613 ha en 2004.
La mosaïque entre ces différents habitats est plus ou moins fine selon les endroits, avec localement de grandes étendues uniformes de saules, d’aulnes ou de roseaux, mais plus souvent une imbrication continue de microhabitats différents. Leur disposition est conditionnée en partie par les fortes variations de substrat, allant du sable sous la côte orientale, à la tourbe sous la côte occidentale, en passant par des vases plus ou moins organiques.
Enfin, certains secteurs du lac voient une proportion plus forte de "levis", îlots de roselière boisée flottant apparentés aux tremblants de tourbières, dont certains atteignent une superficie de plusieurs hectares, et peuvent se déplacer de plusieurs kilomètres en quelques heures, à l’occasion de coups de vent associés à de forts niveaux d’eau.
Des secteurs de roselières sont largement colonisés par l’Alpiste-roseau ou Baldingère (Phalaris arundinacea), qui totalise près de 300 ha de superficie. Cette espèce se plait manifestement sur les rives de la partie centrale et de quelques grandes douves, où les sédiments « libérés » des fonds du lac provoquent un atterrissement localement important. Une bonne partie des roselières de la côte occidentale peut être qualifiée de tourbeuse, avec une eau légèrement acide et plusieurs plantes qui y sont inféodées. Par endroits se forment des levis, plaques entières de roselière, flottantes et mobiles par hauts niveaux d’eau, qui s’apparentent aux tremblants de tourbières. Plusieurs espèces de laîches (carex spp.) occupent différents habitats, les plus grandes étendues se trouvant sur les levis et certains secteurs de roselières tourbeux de l’ouest et du sud-ouest du lac.
Les aulnes glutineux (Alnus glutinosa) sont également parfois disséminés dans les saulaies, mais forment préférentiellement des bosquets monospécifiques. La majorité des aulnaies se trouvent au contact de l’eau libre, sous la côte ouest, en eau relativement profonde.
La roselières boisées est parsemée d’une multitude de petits plans d’eau dont la taille varie de quelques dizaines de mètres carrés à dix hectares. Si on y ajoute plusieurs grandes douves, cela multiplie singulièrement les facettes que montrent les roselières boisées du lac de Grand-Lieu.
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Photo S.Reeber/SNPN
Les roselières les plus hautes et les plus dynamiques se trouvent principalement entre l’embouchure de la Boulogne et le Plumail au sud du lac.
Photo S.Reeber/SNPN
Mosaïque d’habitats constituant les "roselières boisées".
Photo S. Reeber/SNPN
Galérie de saules roux. L’inondation au mois de mai atteint 40 à 60 cm, sur un substrat vaseux, plus au moins mêlé de tourbe.
Photo S.Reeber/SNPN
L’aulnaie n’exonde jamais en rappelant ainsi les paysages de mangroves.
Photo S.Reeber/SNPN
Levis tourbeux flottants, souvent dominés, comme ici, par la Fougère des marais (Thelypteris palustris).