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Le Courrier de la Nature n°285
- Septembre - Octobre 2014

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Pique-prune mâle. Photo Vincent Vignon
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Sommaire

Editorial
Courrier des lecteurs
Dans les actualités :
La nature dans ses bons et mauvais jours et soumise aux décisions officielles…
Un petit tour en mer avec le programme de sciences participatives Marins chercheurs, la publication des données sur la pêche profonde, une nouvelle source d’inquiétudes pour les baleines franches de l’Atlantique nord… Jusqu’à la Guyane et même aux îles – Mayotte et Maurice – et leurs plantes endémiques et menacées.
Retour sur le littoral, ses prés salés et ses algues vertes avant de retrouver l’intérieur des terres : des coussouls de Crau aux sommets des Ecrins, en passant par les zones humides survolées par les drones.
Entre autoroutes, barrages et réserves naturelles, de la vigne à la ville...
Des nouvelles aussi de quelques espèces emblématiques : loup, éléphant, ours, bouquetin, saumon, pangolin, vautour…

Vie de la SNPN

- Assemblée générale 2014. Résolutions
- Les actualités des réserves naturelles gérées par la SNPN
- Rendez-vous nature


- Le pique-prune, une histoire liée à celle des vieux arbres à cavités par Vincent Vignon, Office de génie écologique (OGE).

lire l’introduction...

- L’aigle de Bonelli, seigneur de la Méditerranée par Olivier Scher (Conservatoire d’espaces naturels Languedoc-Roussillon), et Patrick Boudarel (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagment et du logement Languedoc-Roussillon)

lire l’introduction...

- Point de vue
Loup : à propos des arrêtés ministériels parus dans le Journal officiel du 4 juillet 2014 par François Moutou, docteur vétérinaire, administrateur de la SNPN
A lire aussi sur le même sujet : Le Courrier de la Nature spécial Loup, n° 278


La nature d’après... Evelyne Landau


Bibliographie
A voir, à découvrir


Editorial


Les grands prédateurs ont-ils un avenir sur le territoire métropolitain français ?

La mort de l’ours Balou (cf. Le Courrier de la Nature n° 284, p. 7) pose de nombreuses questions. Comment un ours adulte peut-il dérocher s’il n’est pas l’objet de dérangements intempestifs et volontaires pour le faire fuir (voire le tuer) ? En attendant les résultats de l’enquête diligentée par le ministère de l’Ecologie, on ne peut que s’interroger sur les causes de ce décès, surtout après les morts « accidentelles » de Cannelle, Franska et bien d’autres.
Cette nouvelle disparition d’un ours devrait impérativement se traduire par la mise en oeuvre du plan ours décidé en 2006 par Nelly Olin, alors ministre de l’Ecologie, mais stoppé par ses successeurs. Or, au lieu de réactiver ce plan, la ministre actuelle se contente d’annoncer l’élaboration d’un nouveau plan de conservation de l’ours brun, qui se ferait dans le cadre de la Stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité et qui devrait entre autres assurer « la conciliation entre les activités cynégétiques et la présence de l’ours », tout cela en discussion avec les éleveurs et les chasseurs, farouches opposants à la présence de l’ours !
La SNPN a toujours admis la possibilité d’intervention contre un loup se spécialisant sur les troupeaux ovins et causant d’importants dégâts, mais cette possibilité d’intervention était exclue dans le coeur des parcs nationaux et dans les réserves naturelles nationales. Avec la battue organisée cet été dans le coeur du Parc national des Ecrins, un pas inacceptable vient d’être franchi.
Pour justifier sa décision, notre ministre de l’Ecologie a déclaré, outre qu’ « il y a beaucoup trop de loups » : « on ne peut pas laisser faire ça. Même les enfants ont peur, ça les empêche de dormir ». Sans doute devrait-elle se référer à la bibliographie scientifique la plus récente sur les loups plutôt qu’au Petit chaperon rouge...
Que le loup tue des brebis cela est indéniable, que les éleveurs soient dédommagés par la collectivité nationale cela est normal. Mais que l’on attribue la difficile situation des éleveurs de montagne au loup, NON ! Le canidé n’est responsable que d’une très faible fraction des pertes de moutons constatées chaque année dans notre pays (maladies, accidents…).L’Organisation mondiale du commerce, qui apporte sur nos étals du gigot néo-zélandais moins cher que son homologue français, cause bien plus de dégâts.
Face à ces attaques contre nos grands prédateurs - sans parler des petits, exterminés comme animaux nuisibles -, mobilisons-nous et faisons entendre notre voix. Si les éleveurs et les chasseurs ont le droit de mort sur la faune sauvage, réclamons le droit de vie, car nous sommes plus nombreux à vouloir voir des loups et des ours en liberté dans notre beau pays.

Michel Echaubard

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Pique-prune mâle. Photo Vincent Vignon
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