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n°241/242 SNPN et zones humides

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Sommaire

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Réserve de Camargue / Photo SNPN
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Éditorial



- Point de vue sur l’identité, la diversité, les rôles des zones humides par Geneviève Barnaud, Muséum national d’histoire naturelle

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- L’histoire des marais : quelques repères par Jean-Michel Derex, Président du Groupe d’histoire des zones humides

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- La SNPN et les zones humides, une histoire qui dure par Anne Lombardi.

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- La SNPN en Camargue : histoires d’eau, par Eric Coulet, SNPN, Directeur de la RN de Camargue

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- La réserve naturelle du lac de Grand Lieu par Patrice Boret (SNPN-RN du lac de Grand Lieu), Sébastien Reeber (SNPN-RN du lac de Grand Lieu) et Anne Lombardi

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- La SNPN et la politique nationale Zones humides, par Anne Lombardi et Marie Melin (SNPN)

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- Vers un réseau des zones humides d’Ile-de-France par Franz Barth (SNPN), Anne Lombardi, Anne-Sophie Salmon (SNPN) et Elodie Seguin (SNPN)

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Les partenaires de la SNPN pour les zones humides

- Entretien avec Christian Barthod, directeur des espaces naturels Direction de l’eau et de la biodiversité (MEEDDAT).
- Entretien avec Emmanuel Lopez, directeur du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres.
- Entretien avec Michel Vampouille, vice-président du Conseil régional d’Île-de-France, chargé de l’environnement, du développement durable et de l’éco-région.


Gestion
- Camargue : des bénévoles au service des zones humides
- Entretien du milieu : contenir le botulisme à Grand Lieu
- Grand Lieu : mise en place d’un programme d’études
- Camargue. Archéologie, l’esprit des lieux
- Camargue : zoom sur quelques envahissantes
- Grand Lieu : Impact des espèces invasives sur le milieu naturel
- L’écrevisse de Louisiane en fait des tonnes !
- Bientôt un nouveau centre d’accueil pour découvrir la réserve naturelle
- Découverte des zones humides. Les sorties en zones humides organisées par la SNPN


La nature sous le pinceau de... Sébastien Reeber


Rendez-vous Zones humides - Bibliographie - Lexique


Éditorial

Pourquoi faire paraître maintenant un numéro spécial du Courrier sur les zones humides ? Une réponse, certes immodeste, s’impose d’emblée : « Parce que c’est nous ! » Parce que notre Société est un acteur essentiel de la protection des zones humides françaises. Nous gérons en effet deux des plus prestigieuses d’entre elles, la Camargue et le lac de Grand Lieu, après avoir œuvré de façon déterminante pour leur classement en réserve naturelle. Au plan national, nous assurons le secrétariat du Groupe « zones humides » et l’édition de Zones Humides Infos. Enfin, la Région Ile-de-France nous a confié l’exaltante entreprise de constituer un réseau. De telles missions se suffi sent à elles seules et de fait, quatre articles substantiels en retracent les objectifs et les modalités.
Évidemment, la démarche de la SNPN s’inscrit dans l’histoire : « L’histoire des marais », à laquelle l’érudition de Jean-Michel Derex apporte en réalité bien plus que « quelques repères », et l’histoire de la protection de la nature en général. La nature protégée fut d’abord celle des peintres – des peintres romantiques, de Caspar David Friedrich à Turner, avant ceux de Barbizon – et la montagne. Cette dernière, en particulier, a littéralement construit notre vision de la nature, puis donné à la politique de conservation ses premiers parcs nationaux et une écrasante majorité de ses réserves naturelles. Alors que pour les zones humides, figure maléfique de l’inhumain, sources d’insalubrité, terres vaines et vagues au point de vue économique et administratif, l’histoire ne fut longtemps que l’expression d’une lutte, d’une volonté d’assèchement. La tendance ne sera pas réellement inversée avant les décennies 1970 et 1980 – la Camargue, avec notre intervention et au lendemain de la dernière guerre, l’œuvre de M. Hoffmann auquel il est un cher devoir de rendre hommage, faisant figure d’exception.
Deux observations peuvent alors se greffer sur ce constat, qui concernent la place, respectivement, de la technique et du droit.
Sur le plan technique, des tentatives contre certaines zones humides de l’intérieur seront lancées dès le XIIIe siècle – ce qui nous vaudra toutefois la Dombes et quelques belles régions d’étangs – et somme toute peu après dans l’Ouest de la France. Cependant, au fi l des temps, d’immenses marais résisteront plutôt bien, malgré les convoitises, du simple fait de l’insuffisance des moyens techniques et financiers pour réaliser des assèchements à grande échelle. Inversement, on est frappé aujourd’hui, à la lecture de Geneviève Barnaud, de l’extraordinaire complexité et de la sophistication des instruments au service de la gestion des zones humides qui perdurent. Espérons simplement que ce déploiement technique, foisonnement d’inventaires, de typologies, de schémas et de stratégies, assurément nécessaire, ne serve pas de paravent à l’incapacité de prendre quelques décisions simples et courageuses. Car l’essentiel ne serait-il pas, par exemple, de renforcer drastiquement les seuils de la nomenclature « eau » de façon à mettre un terme à la disparition anonyme des petites zones humides ? Et de renoncer aux opérations d’aménagement non durable, alors même que le contournement routier de Mâcon, validé par le Conseil d’Etat, anéantira prochainement les derniers râles des genêts du val de Saône ?
Le droit, enfin. Remarquera-t-on que notre dossier ne comporte pas de développements juridiques, à quelques remarques incidentes près ? Pourtant les zones humides représentent une intéressante illustration de la construction d’un droit spécifique – un phénomène de spéciation juridique comme on dirait en biologie de l’évolution. Certes, il n’y a pas de « loi zones humides » comparable à la loi montagne de 1985 ou au Code forestier. Ici, on a procédé par agrégation, par empilement plus ou moins régulier de textes et de réformes : la Convention de Ramsar, l’article L.146-6 du Code de l’urbanisme sur les espaces littoraux remarquables, issu de la loi littoral, la nomenclature « eau » ; et encore, les dispositions de la loi sur le développement des territoires ruraux.
Au total, le droit qui est sinon la mesure de toute chose, du moins l’instrument obligé de la politique en général et de la protection, nous invite à poser la question du bilan. Celui qui avait été dressé par le Rapport Bernard remonte à 1994. Il était accablant. Quinze ans après, il importe de le refaire et, notre Société est prête à y participer.

Jean Untermaier


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