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Le Courrier de la Nature n° 289
- Mai - Juin 2015

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Vipère aspic. Photo ©Alexandre Boissinot
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Sommaire

Editorial
Courrier des lecteurs
Dans les actualités :

Entre inquiétude et espoir pour les réserves naturelles avec une enquête sur leurs budgets, de plus en plus restreints, un retour sur le cas de la Réserve naturelle d’Iroise, mais aussi un projet d’extension de la Réserve naturelle régionale des monts de Baives dans le Nord…
A quelques mois du sommet pour le climat à Paris, regard sur les multiples impacts du changement climatique : sur l’élévation du niveau de la mer, sur la faune comme par exemple les lémuriens… et aussi quelques clés pour comprendre les processus de ce changement, dont le rôle de l’océan Pacifique.
Les éléphants victimes de leur ivoire toujours, avec de nouvelles actions pour suspendre les importations.
Et encore : le pâturage comme outil de gestion des zones humides, le résultat du concours « Prairies fleuries », le prix de la liberté pour l’Allier, etc.

Vie de la SNPN

Les rendez-vous nature de la SNPN


- L’arbre, droit comme un « I » par Catherine Lenne (Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand).

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- Déclin alarmant des reptiles dans les bocages de l’Ouest de la France Alexandre Boissinot et Olivier Lourdais (Centre d’études biologiques de Chizé, Villiers-en-Bois), Gaëtan Guiller, Jérôme Legentilhomme, Pierre Grillet

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- Point de vue
Le rôle clé des agriculteurs dans les espaces bocagers par Alexandre Boissinot & Pierre Grillet


La nature sous la plume de... Emile Verhaeren
La nature dans l’oeuvre de... Dominique Mansion


Bibliographie
A voir, à découvrir


Editorial


Après avoir lu ce numéro, il vous sera difficile de dire que les arbres ne bougent pas ! Effectivement, vous en apprendrez plus sur la physiologie végétale à travers la fascinante organisation des cellules du bois. Il ne s’agit donc pas de « conservation » comme nous avons l’habitude de le faire, mais plutôt d’une approche fondamentale.
Ceci dit, comment ne pas vous parler d’un sujet d’actualité aussi important – la déforestation et l’exploitation de bois illégal –, alors que nous traitons de l’arbre, symbole de la vie… et pour cause : la moitié des espèces terrestres vivent dans les forêts tropicales ! La déforestation constitue un problème majeur du XXIe siècle. Elle participe largement au changement climatique, puisqu’elle représente à elle seule près de 20 % des émissions de gaz à effet de serre et entraîne la disparition et la fragmentation des écosystèmes forestiers, et donc le déclin de multiples espèces. Or l’exploitation illégale du bois est une cause majeure de la déforestation et constitue un problème global, pas seulement environnemental puisque des populations entières sont aussi touchées ! Interpol estime que 15 à 30 % du bois commercialisé dans le monde provient d’une exploitation illégale, c’est-à-dire un bois coupé ou exploité en violation de la réglementation du pays de récolte (coupe en dehors des zones autorisées, absence de marquage, dépassement des quotas, abattage sans autorisation d’espèces protégées, non-respect des accords passés avec les populations locales, etc.). Parallèlement, la France est le principal importateur de bois tropical en Europe et le bois illégal représente entre 20 et 40 % du bois importé au sein de l’Union européenne. C’est dire la responsabilité des pays de l’Union pour réduire ce phénomène. En conséquence, en mars 2013, est entré en vigueur le Règlement Bois de l’Union européenne (RBUE) qui impose aux importateurs européens de prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que le bois acheté respecte les lois des pays producteurs. Ce système a pour objectif de rétablir un commerce « sain » et aussi de favoriser les exploitations durables et responsables. En France, ce sont les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie qui se sont répartis le travail… mais quel travail à vrai dire ? Quels sont les moyens mis en œuvre par la France depuis le lancement du RBUE, c’est-à-dire depuis plus de deux ans ? La réponse n’est malheureusement pas satisfaisante tant l’implication de notre pays fut sporadique voire inexistante… Greenpeace, en conséquence, s’est saisi du dossier et a même déposé une grume de bois tropical de quatre tonnes devant le ministère de l’Ecologie ! Ses efforts n’auront pas été vains : tout dernièrement Ségolène Royal a fini par agir, enfin ! Une quinzaine d’agents devraient être formés pour mener des contrôles sur les stocks arrivant à nos frontières. Reste à évaluer l’efficacité d’une telle mesure…

Elodie Seguin

A lire aussi sur le même sujet :

Le lézard ocellé en France ? Un déclin inquiétant par Marc Cheylan et Pierre Grillet, paru dans Le Courrier de la Nature (n°205)

Conservation des bocages pour le patrimoine batrachologique par Alexandre Boissinot et Pierre Grillet, paru dans Le Courrier de la Nature (n°252)

Les trognes : un monde de biodiversité par Dominique Mansion, paru dans Le Courrier de la Nature (n°257)

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