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Loups : la destruction est autorisée !
Dans le cadre de la consultation publique mise en ligne par le ministère de l’Ecologie, la SNPN a fait part de son avis défavorable sur les deux projets d’arrêtés concernant le dispositif de dérogations autorisant la destruction de loups, pour la saison 2015/2016. Malheureusement ses arguments n’ont pas été suivis et les deux arrêtés sont parus au Journal officiel du 2 juillet, avec un nombre maximal de destructions autorisées de 36 loups !

Dans le cadre de la consultation publique mise en ligne par le ministère de l’Ecologie (close le 21 juin 2015), la SNPN a fait part de son avis défavorable sur les deux projets d’arrêtés concernant le dispositif de dérogations autorisant la destruction de loups, pour la saison 2015/2016. Voici la réponse argumentée qu’elle a apportée à cette consultation.
Malgré un vote favorable du CNPN, il faut souligner que cette décision est loin d’avoir fait l’unanimité. La SNPN a évidemment voté « contre » ces projets d’arrêtés présentés lors de la réunion du 28 mai. Effectivement, les protecteurs de la nature ne peuvent pas adhérer à de telles propositions tant elles s’éloignent des objectifs de préservation de la biodiversité sur lesquels notre Etat s’est engagé… Cela dénote, encore une fois, une position vraisemblablement insuffisante du Ministère sur ce dossier au regard de ses prérogatives.

Ces projets d’arrêtés favorisent tout simplement la « destruction » du loup au détriment d’une gestion concertée et raisonnée permettant de concilier activités pastorales et expansion des populations. Cette orientation nette en défaveur de cette espèce protégée confortera malheureusement les « opposants aux loups » dans leur position bornée et destructrice. En découleront des obstacles supplémentaires au maintien de l’espèce sur notre territoire…
Les arrêtés concernés proposent donc de fixer les quotas de prélèvements à 36 loups et d’assouplir les procédures pour y parvenir. Or, si l’espèce s’est étendue sur le territoire en 2014, ses effectifs n’auraient pas augmenté voire même ils auraient faiblement diminué (passant de 301 loups en 2013 à 282 loups en 2014 d’après l’ONCFS) !
Si la population de loups a diminué entre 2013 et 2014, les quotas proposés aujourd’hui auraient donc dû être inférieurs à ceux permis en 2014 puisque le modèle mathématique utilisé est le même depuis 2013. Quel argument a donc justifié de faire de telles propositions si ce n’est la volonté de diminuer la taille de la population ?

Le loup est une espèce protégée, l’Etat s’est engagé à préserver l’espèce et à laisser s’accroître les effectifs de ses populations et l’opinion publique y est très favorable. Pourtant, les orientations proposées ici viennent à l’encontre de ces objectifs en incitant à réguler davantage la population lupine française qui n’a pas atteint aujourd’hui une taille satisfaisante sur le plan écologique. Si la SNPN comprend la difficulté rencontrée par certains éleveurs et partage l’idée qu’il est nécessaire de leur apporter une aide adaptée, elle propose de consolider les moyens efficaces de protection des troupeaux et d’effarouchement, plutôt que d’opter pour la destruction pure et simple de cette espèce emblématique.

Malheureusement ces arguments n’ont pas été entendus et les deux arrêtés sont parus au Journal officiel du 2 juillet dernier, autorisant la destruction d’un maximum de 36 loups pour la saison 2015-2016.