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Aéroport Notre-Dame-des-Landes
Communiqué de presse du 4 octobre 2016

Depuis plus de 160 ans, la Société nationale de protection de la nature (SNPN), association reconnue d’utilité publique, œuvre pour la préservation des espèces sauvages et des milieux naturels. Son expertise en matière de zones humides est une de ses spécificités reconnues.
La SNPN demande la suspension de l’arrêté préfectoral autorisant le début des travaux sur le site de Notre-Dame-des-Landes. Cet arrêté signe la mort de toutes les espèces protégées identifiées localement, comme le Campagnol amphibie, protégé depuis 2013.
La SNPN avait demandé dans un courrier au Premier ministre du 16 avril 2016 que des études sérieuses complémentaires soient réalisées concernant tant l’intérêt du maintien de l’aéroport sur son emplacement actuel que celui de l’implantation d’un nouvel aéroport, soit l’anéantissement de la zone humide de Notre-Dame-des-Landes (20km2) .
Elle avait demandé, quels que soient les résultats des études et de la consultation annoncée, à ce qu’aucune destruction ne soit réalisée, avant la fin du contentieux européen.*
Cet arrêté signifie-t-il que les avis des experts scientifiques seraient à ce point négligeables ?

Jean Untermaier
Professeur émérite à l’Université Jean Moulin – Lyon 3
Président de la SNPN


Rappels :

La SNPN rappelle les 12 réserves émises par le CNPN le 10 avril 2013 dans le cadre du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes :

1. Non adéquation de la méthode avec la disposition 8B 2 du SDAGE Loire Bretagne.
2. Excessive complexité de la méthode utilisée.
3. Nature et valeurs des coefficients de compensation injustifiés.
4. Risque d’échec prévisible des mesures de compensation proposées et délai excessif de l’efficacité de leur mise en œuvre.
5. Analyse non pertinente de la qualité physico-chimique des eaux et de la fonction biogéochimique des zones humides.
6. Analyse insuffisante du fonctionnement hydrologique quantitatif.
7. Importance sous -estimée du ralentissement des crues.
8. Caractérisation initiale insuffisante de la biodiversité.
9. Difficulté d’appréciation et incertitudes sur la faisabilité des mesures de génie écologique.
10. Incertitudes sur la mise en œuvre des mesures de compensation
11. Insuffisance de l’engagement formel des maîtres d’ouvrage à l’obligation de résultat.
12. Absence de suivi satisfaisant des mesures de compensation.

* Le Canard Enchaîné du 10 mars 2016