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Tuer des loups ne sauvera pas les moutons
- Communiqué de presse du 21 avril 2017

Avec une rare constance le gouvernement vient de prendre un nouvel arrêté autorisant la destruction de loups. L’arrêté ministériel du 10 avril 2017, Journal Officiel du 19 avril 2017, permet l’abattage de 2 animaux supplémentaires, mâle, femelle, adulte, jeune, au choix.

Ces destructions, réalisées à l’aide d’emplois jeunes et alors que la transhumance n’a pas encore commencé, ne servent à rien, si ce n’est désorganiser les meutes ce qui peut conduire à des situations plus complexes qu’avant. Pour le plan loup 2016-2017, dont pratiquement la seule action aura consisté à tuer des loups, on arrive à 40 animaux tirés officiellement. En ajoutant une dizaine, braconnés ou tués accidentellement, on atteint la cinquantaine d’individus éliminés en 1 an. Avec ce chiffre, le maintien de la population présente en France est incertain.

Si les deux ministères associés dans cette démarche, agriculture et environnement, veulent vraiment aider la filière ovine, il y a d’autres urgences bien plus criantes. Sur un cheptel de 7, 2 millions de têtes, 4,2 millions partent à l’abattoir mais 840.000 autres sont envoyés à l’équarrissage dont 339.734 brebis (chiffres 2014). Il existe de vraies marges de progrès ! Que penser du courrier de la Fédération Nationale Ovine de ce début d’année 2017 adressée au ministre de l’agriculture évoquant avec inquiétude « Viande ovine, Brexit et Océanie » ? Cette lettre ne parle pas du loup mais rappelle que le gigot néozélandais se vend 6,5 euros le kg dans les supermarchés français, alors que le gigot français peut atteindre 18 euros le kg.

En 1990, les consommateurs français mangeaient 5,4kg de viande ovine par habitant et par an, en 2013 moitié moins (2,7kg/habitant/an). En 2014, seulement 41% de cette viande ovine sont français, le reste est importé.

Il n’est pas évident que tuer des loups encourage les consommateurs à manger plus de viande ovine. L’abattage même des ovins en France pose des questions morales. Il serait temps d’aborder les vrais enjeux, le bien-être animal et la protection de la biodiversité. Si le débat autour du loup réussit à les rapprocher, alors il aura réussi son retour.