Article au format texte pour impression
De la Société d’acclimatation à la Société nationale de protection de la nature
Dès les premières années de ce siècle, Edmond Perrier, Directeur du Muséum, membre de l’Institut et président de la Société d’acclimatation de 1901 à 1921, exprimait dans ses discours la plus vive inquiétude devant les dangers que, ce qu’il est convenu d’appeler le développement, faisait courir à la planète.

Les préoccupations qui avaient présidé à sa fondation, sous l’influence même des naturalistes, savants et amateurs, qui l’animaient, se sont modifiées en même temps que progressait la connaissance de la nature et que la civilisation industrielle et technique étendait son emprise. Aux yeux de l’homme du XIXe, la nature constituait un capital inépuisable dont il était utile de mettre en oeuvre les ressources. Quelques décennies plus tard, les naturalistes constataient que ce capital était si gravement entamé qu’il importait avant tout, pour la survie même de l’humanité qui en dépend étroitement, d’en garantir les revenus qui fixent la limite des prélèvements raisonnables et, dans la mesure du possible, de restaurer ce qui avait été détruit.

 

JPG - 38.5 ko
Jardin d’acclimatation 14 février 1861
I.Geoffroy Saint-Hilaire fait découvrir la grande serre à l’impératrice Eugénie et au prince impérial.

De la Société d’acclimatation à la Société nationale de protection de la nature
Dès les premières années de ce siècle, Edmond Perrier, Directeur du Muséum, membre de l’Institut et président de la Société d’acclimatation de 1901 à 1921, exprimait dans ses discours la plus vive inquiétude devant les dangers que, ce qu’il est convenu d’appeler le développement, faisait courir à la planète. Il dressait des tableaux documentés et étendus des destructions subies par la faune, la flore et les écosystèmes dans le monde entier, il évoquait déjà les problèmes de la surexploitation et de la surpopulation. Sous sa présidence, la Société d’acclimatation orienta résolument ses activités vers la protection de la nature et de ses ressources.
En 1906, elle inspirait la fondation d’une Société des amis de l’éléphant pour sauver celui-ci de l’extermination (déjà). En 1912, elle animait la constitution sous son égide de la Ligue française pour la protection des oiseaux et la mise en réserve ornithologique des Sept-Iles, en Bretagne. Le successeur d’Edmond Perrier, Louis Mangin, présidait le premier congrès international pour la protection de la nature qui se tint à Paris en 1923, co-organisé par la Société d’acclimatation.

 

 

 

 

GIF - 37.4 ko
1870
La première médaille décernée par la Société impériale zoologique d’acclimatation

C’est ainsi que la Société d’acclimatation est devenue successivement la Société nationale d’acclimatation et de protection de la nature et enfin, la Société nationale de protection de la nature. Le but de l’association est donc désormais la conservation de la nature et de ses ressources.

Fidèle à ses origines, la SNPN a pour préoccupation première le maintien de la diversité génétique de la faune et de la flore, la protection de toutes les espèces qui constituent le règne animal et le règne végétal. Mais celle-ci implique la sauvegarde des habitats naturels, la lutte contre la dégradation des sols, contre la pollution de l’eau et de l’air, car tous ces éléments sont intimement liés, comme l’enseigne l’écologie, discipline à laquelle est consacrée depuis 1949 la revue trimestrielle la Terre et la Vie, organe scientifique de la SNPN, qui porte d’ailleurs en sous-titre revue d’écologie appliquée à la conservation de la nature".

La conservation des espèces n’allant pas sans la conservation des habitats naturels, c’est très logiquement que la SNPN fut entraînée, voici déjà plus de soixante ans, à la création de réserves, à leur gestion directe éventuellement, à leur maîtrise foncière pour assurer la pérennité de son oeuvre.