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Protection de la faune
Sur le fond, la SNPN lutte pour que la chasse s’exerce dans le respect des équilibres biologiques, notamment pour que les dates d’ouverture et de fermeture de la chasse préservent les impératifs de la reproduction du gibier.

La France est un pays où la pression cynégétique est particulièrement forte, la plus élevée d’Europe : à cause du très grand nombre de permis délivrés annuellement, à cause de la durée exceptionnellement longue de la saison de chasse autorisée, à cause du maintien de pratiques archaïques de capture et de tir sous prétexte de traditions locales, à cause de mauvaises habitudes de braconnage que l’indiscipline chère aux Français leur fait gloire de perpétuer. Il n’est pas surprenant que dans une telle ambiance la SNPN ait fréquemment à prendre position sur des problèmes de chasse. Sur le fond, elle lutte pour que la chasse s’exerce dans le respect des équilibres biologiques, notamment pour que les dates d’ouverture et de fermeture de la chasse préservent les impératifs de la reproduction du gibier. Elle lutte pour que la notion de "nuisible" ne soit pas appliquée abusivement et sans fondement objectif à des animaux comme les petits carnivores qui ne causent aucun dommage ni à l’agriculture ni aux espèces protégées, aucun préjudice à la sécurité ni à la santé publique.

Elle lutte depuis qu’une loi de 1964 a dissocié le droit de chasse du droit de propriété, pour obtenir la reconnaissance officielle d’un droit de gîte : droit pour l’homme d’offrir le gîte, c’est-à-dire un lieu de repos, de reproduction, de passage, de nourriture, à l’abri des hommes en quête d’appropriation. Droit volontariste dont l’expression positive a paru aux administrateurs de la SNPN plus exaltante et plus prometteuse que la simple négation du droit de chasse : il s’agit en fait d’instaurer entre l’homme et la nature une relation nouvelle.