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Les formations végétales

Le chêne-liège domine dans la plaine : sa silhouette caractéristique émerge d’une lande basse à callune, lavande stoechade et bruyère qui couvre d’immenses surfaces. Ces espaces, cependant, ont été sensiblement modifiés par la disparition récente du pin maritime, victime de la cochenille et des incendies. Ce maquis assez sec ne présente pas en soi un intérêt botanique exceptionnel mais il est indissociable des milieux humides riches avec lesquels il forme une mosaïque contrastée.

Là où le substrat, plus profond et plus humide, le permet, la suberaie est plus dense, le chêne pubescent côtoie alors le chêne-liège et le sous-bois favorise des espèces médio-européennes peu fréquentes en Provence (le lis martagon ou l’orpin téléphium). De même, la ripisylve (saules, frênes, sureau noir, orme) de l’Aille et du lac des Escarcets contrastent avec les plantes meditérranéennes du maquis tout proche.

Au nord de la plaine, dans un secteur largement consacré à la viticulture, on trouve les plus belles forêts de pin pignon dominant les landes à cistes. Ici pousse une très rare anémone palmée, présente en France uniquement dans les départements du Var et des Bouches-du-Rhône. Plus localement le sous-bois est composé par de grandes bruyères (bruyère arborescente, bruyère à balai) qui peuvent dépasser deux mètres, par la callune, la filaire à feuilles étroites, le pistachier lentisque. Il abrite le magnifique orchis papillon au labelle rose pâle veiné de rouge.

Mais ce sont surtout les associations végétales des ruisseaux et des mares temporaires qui font de la plaine des Maures un des joyaux botaniques de la Provence. Ces dernières se structurent en fonction du gradient hydrique. On peut distinguer :

  au centre, des ruisseaux et des mares où l’immersion est quasi permanente, un groupement à Juncus et Eleocharis palustris ;

  plus au bord, dans les zones immergées de l’automne au printemps, un groupement à Ranunculus revelieri ssp rodiei ;

  le long des berges, sur les sables humides les trois-quarts de l’année, un groupement à isoète de Durieu et Sisymbrella aspera (= Nastustium aspera) ;

  aux abords des ruisseaux, un groupement à sérapias. Ces associations végétales comptent 25 plantes rares telles que : les cicendies filiformes (Cicendia filiformis) et fluette (Exaculum pusillum), qui dépendent des limons exondés par l’assèchement des mares et bouclent leur cycle en moins d’un mois ; l’isoète aux brins ondulés, les ophioglosse au fer de lance crénelé, Spiranthes aestivalis à l’inflorescence tournante et les sérapias, dont 6 à 7 espèces françaises peuvent être admirées sur le site.

Autres milieux d’une grande richesse, les pelouses à l’hélianthème. Plus au moins xérophiles, ils abritent une dizaine de plantes remarquables : Orchis coriophora ssp fragans, sérapias, Ophrys speculum, le trèfle à fleurs penchées, etc.

Les dalles de grès contribuent également à la biodiversité de l’ensemble en favorisant les espèces xérophiles ou thermophiles bien qu’une flore mésophile profite parfois des conditions plus douces d’une cuvette creusée par l’érosion.

Pour préserver l’ensemble de ces formations végétales il est indispensable de conserver chaque maillon de cette chaîne écologique. Les espèces méditerranéennes sont plus que toute autre sensibles aux perturbations de leur environnement (incendies, coupe rase, saisons sèches etc). La dégradation de la végétation est suivie d’une érosion qui présente à son tour un danger majeur pour le fonctionnement des mares temporaires.