
- Pélicans
- Photo Pierre Poilecot
Sommaire
Editorial
Courrier des lecteurs
Echos-Actualité :
Pédagogie : ça bouge au collège (S. Aubry)
Nucléaire : un réacteur EPR à Flamanville ?
Réchauffement climatique. Menaces sur nos plateaux de fruits de mer
L’outil financier Life+
Le "Margouillator" aura-t-il raison des geckos endémiques réunionnais ? (I.Ineich)
Exploitations minières. La biodiversité néo-calédonienne menacée
Nouvelle-Calédonie : la forêt sèche protégée
Espèces invasives. la petite formi de feu à Tahiti
Sénégal : découverte d’un site d’hivernage du phragmite aquatique
Chasse : non au massacre des phoques au Canada
Vie de la SNPN :
14ème Confèrence de la CITES. Toutes les populations d’éléphants d’Afrique doivent être inscrites à l’annexe I (P.Pfeffer)
Cycle d’animation Espèces invasives. Regard sur la sortie d’étude en Aquitaine (M. Vautrain)
De la protection du loup à la gestion des paysages. 2ème partie : Quel environnement souhaitons-nous protéger ? par Alex Clamens
Zakouma vingt ans après... par Luis Arranz, Pierre Pfeffer et Pierre Poilecot
Art, nature et paysage. Du paysage concept au paysage naturel par Lauriane d’Este
La nature sous l’oeil de... la Société de photographie d’histoire naturelle
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Les rendez-vous nature de la SNPN
Bibliographie
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Lexique
Editorial
L’homme apprenti sorcier : une catastrophe écologique d’origine médicamenteuse
Un déclin dramatique des populations de vautours est survenu dans le sous-continent indien, au Pakistan, en Inde, au Népal, affectant les trois espèces particulières à la région, Gyps bengalensis, le vautour chaugoun, Gyps indicus, le vautour de l’Inde et Gyps tenuirostris, le vautour à bec mince. L’effondrement des effectifs a été supérieur à 95% en une décennie. Les vautours dont les populations se comptaient par dizaines de millions d’individus, sont aujourd’hui en danger critique d’extinction et continuent à décliner.
La cause du phénomène est l’usage extensif du diclofénac pratiqué larga manu par les vétérinaires du sous-continent, comme analgésique, anti-inflammatoire et antipyrétique, pour soigner les animaux domestiques et le bétail. L’examen de centaines de cadavres de vautours a mis en évidence leur sensibilité particulière à l’absorption des résidus de diclofénac présents dans les cadavres de bétail : elle provoque chez eux une insuffisance rénale aiguë toxique et une goutte viscérale étendue et fatale.
Les vautours occupaient une niche écologique particulièrement importante dans l’Inde tant au point de vue social, et même religieux, qu’économique : oiseaux coprophages et nécrophages, au sommet de la chaîne trophique, ils avaient le rôle essentiel d’agents voyers naturels, assurant la disparition des excréments et des carcasses d’animaux, dans un pays où la défécation extérieure est encore pratiquée par les deux tiers des habitants et où les cadavres d’animaux sont abandonnés sur la voie publique. Et même, au Pakistan chez les Parsis, les cadavres humains étaient laissés à leurs soins : la religion de ces derniers zoroastriens, venus de Perse après la chute de la dynastie des Sassanides, interdit de brûler les morts selon la coutume si répandue dans l’Inde. Les morts sont placés sur les « tours du silence » construites dans ce but. L’impossibilité actuelle de les honorer selon les prescriptions religieuses a provoqué une crise spirituelle chez les Parsis.
La fonction socio-économique des vautours dans l’Inde, nettoyage des excréments et des carcasses, est aujourd’hui reprise par les rats et par les chiens errants dont le nombre a considérablement augmenté : sur une décharge publique régulièrement surveillée par les ornithologistes le nombre des chiens aurait été multiplié par vingt ! Mais le travail de nettoyage des chiens est loin d’être aussi efficace et hygiénique que celui des vautours : les vautours font disparaître tous les tissus mous très rapidement, les chiens au contraire laissent beaucoup de chairs pourrissant derrière eux, et leurs facultés digestives sont loin d’être aussi développées que celles des vautours, avec des secrétions stomacales quatre fois moins acides. Il faudrait aussi parler des dangers sanitaires encourus par les intouchables qui faisaient le petit métier de recueillir les ossements « nettoyés ». Tous ces facteurs se conjuguent pour accroître les risques de maladies humaines telles que la rage ou la peste, ou de maladies du bétail comme le charbon. Les gouvernements du sous-continent indien doivent affronter de bien difficiles problèmes de santé.
Cette catastrophe écologique, de cause purement humaine, a un caractère exemplaire : elle était imprévisible, elle est irrémédiable. Imprévisible : qui pouvait prévoir la sensibilité particulière des vautours du genre Gyps au diclofénac ? Irrémédiable : étant donné la structure démographique et les caractéristiques de la reproduction des vautours, il faudrait des siècles de rigoureuse protection intégrale pour que leur population retrouve un niveau comparable à celui qui existait en 1990.
Cette catastrophe illustre de façon spectaculaire un nouveau chapitre de l’écotoxicologie : celui des résidus médicamenteux et leurs métabolites, excrétés d’une manière ou d’une autre dans l’environnement.
C.J.
De la protection du loup à la gestion des paysages. 2ème partie : Quel environnement souhaitons-nous protéger ?
Alex Clamens
Dans la première partie de cet article, parue dans le n°232 (p.35-39), il était question essentiellement des implications socio-économiques du retour du loup. Cette deuxième partie propose, elle, des pistes de réflexion sur les questions que ce retour suscite en termes de gestion de l’espace et de conservation de la biodiversité. Elle cherche également à revenir sur une question posée récemment dans le courrier des lecteurs du Courrier de la Nature (n°221 et 223) : les politiques de protection de la nature doivent-elles contribuer à protéger des espèces ou des écosystèmes ? C’est enfin une vision complémentaire de la réflexion proposée dans le précédent numéro sur les concepts de biodiversité et naturalité (cf n°233, p.31-38).
Suite dans le numéro 234 du Courrier de la Nature en vente sur abonnement ou sur commande
Zakouma vingt ans après...
Luis Arranz, Pierre Pfeffer et Pierre Poilecot
Créé en 1963, le Parc national de Zakouma couvre environ 3000 km2 dans la région du Salamat, au sud-est du Tchad.
Secoué par une succession d’événements, climatiques, épidémiologiques et politiques, en 1986, il ne restait pas grand chose de ce paradis de la faune sauvage. Après 20 ans d’efforts pour sa réhabilitation, qu’en est-il aujourd’hui ?
Suite dans le numéro 234 du Courrier de la Nature en vente sur abonnement ou sur commande
Art, nature et paysage. Du paysage concept au paysage naturel
Lauriane d’Este
Il est difficile de parcourir en quelques pages des siècles d’invention et de créativité dans l’art occidental. Aussi nous contenterons-nous de marquer quelques points d’ancrage, quelques moments clés de cette longue histoire des arts qui voit la Nature émerger peu à peu du concept, de l’anecdotique ou de l’utilité comme on dit au théâtre pour occuper, avec la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le devant d’une scène où l’homme a tenu jusqu’alors le premier rôle.
Suite dans le numéro 234 du Courrier de la Nature en vente sur abonnement ou sur commande