Amnistie pour les éléphants - Historique de 1986 à nos jours

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, et jusqu’ à la fin des années 1960, les populations d’éléphants d’Afrique s’élevaient à environ 2,5 millions de têtes. Une flambée soudaine des prix de l’ivoire, suite à un accord entre la Chine et la Tanzanie, dans les années 70, a déclenché une ruée sur les éléphants. Le massacre généralisé a atteint des proportions incroyables comme en témoignaient des faits, constatés sur le terrain, en République Centrafricaine, au Kenya, au Tchad ou encore en Côte-d’Ivoire, par Pierre Pfeffer, administrateur de la SNPN. En 1977 l’éléphant d’Afrique a été inscrit en annexe II de la Convention (commerce autorisé, mais contrôlé). Or, la réglementation de la CITES a été incapable d’endiguer le flot d’ivoire, représentant environ 1000 tonnes par an, s’écoulant d’Afrique.
Malgré l’instauration par la CITES, en 1985, des quotas d’exportations, dont l’inefficacité a été démontrée par Pierre Pfeffer (nombreuses publications, interventions auprès des instances internationales) et reconnue par la suite par la communauté internationale, les populations d’éléphants ont atteint un seuil critique : en 1987 elles sont estimées à 400.000 individus, avec un déclin annuel de 9,3 %, ce qui présageait une quasi-extinction vers 1992-1993.
En 1987, la SNPN lance la campagne « Amnistie pour les éléphants » qui a eu un grand succès aussi bien sur le plan médiatique que politique, et qui a abouti à une victoire essentielle pour les éléphants lors de la 7ème Conférence de la CITES en 1989.
Le succès de la campagne tenait principalement à la personnalité de Pierre Pfeffer, qui s’est engagé corps et âme dans ce combat. Sur le plan médiatique les conditions favorables ont également été réunies : le message était simple à faire passer dans l’opinion (il y a avaient des bons, des méchants et même… un traître), il a été aussi bien reçu par le public (l’animal mythique, sympathique, intelligent s’y prêtait) ; au niveau des gouvernants, en Europe et aux Etats-Unis, le terrain a également été bénéfique (la défense de l’éléphant c’est un peu la « guerre coloniale », les choses se passent au loin, peu d’électeurs à mécontenter, beaucoup à satisfaire).
La campagne fut portée, avec son escorte de convictions profondes, de preuves scientifiques et d’arguments irréfutables, jusqu’à la 7ème Conférence de la CITES de 1989 (et même au-delà), où Pierre Pfeffer, membre de la délégation française, ainsi que Brice Lalonde, ministre de l’Environnement, ont défendu de vive voix la cause des éléphants. A cette détermination indiscutable il ne pouvait y avoir d’autre solution : l’assemblée de la Conférence en toute objectivité, a transféré l’éléphant d’Afrique de l’annexe II en annexe I de la Convention.
La campagne de la SNPN ne s’est pas arrêtée à la victoire de 1989. Sous les menaces du déclassement des éléphants en annexe II revenant à chaque conférence de la CITES, elle est devenue, au fil des années, un éternel recommencement et un combat continu…

Les textes rédigés pour ce site sont basés principalement sur une série de publications de Pierre Pfeffer et celles d’Alain Zecchini, parues dans Le Courrier de la Nature entre 1986 et 2006.



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